Chenilles processionnaires : pourquoi faut-il traiter dès l’automne ?
Nuisibles pour les arbres, dangereuses pour l’Homme comme pour les animaux domestiques, les chenilles processionnaires sont un véritable fléau. Présentes dans les forêts depuis longtemps, elles ont désormais aussi colonisé les espaces arborés des particuliers, des municipalités, des professionnels et des copropriétés. Avec le réchauffement climatique, l’espèce ne se cantonne plus au sud de la France. On la retrouve jusqu’aux portes de Paris. Il existe heureusement des moyens efficaces de s’en débarrasser, à condition d’agir de manière appropriée et surtout, au bon moment. Levrard Assainissement, spécialiste de la lutte contre les nuisibles, vous explique en détails pourquoi l’automne est la meilleure période pour lutter contre la chenille processionnaire du pin, la plus répandue dans vos parcs et jardins…
Chenilles processionnaires : qui sont-elles
Avant d’aborder le sujet du traitement contre les chenilles processionnaires, il est important de bien connaître cette espèce officiellement reconnue comme nuisible depuis 2022. Il existe deux grands types de chenilles processionnaires, l’une s’attaquant aux résineux comme les pins et cèdres et l’autre privilégiant les feuillus comme les chênes.
La chenille processionnaire du pin, un ennemi dans votre jardin
La chenille processionnaire du pin se développe en particulier sur les pins et les cèdres. C’est elle que l’on voit défiler au sol au printemps, en longs cortèges d’individus à la queue leu leu. Les chenilles se déplacent à cette saison pour s’enfouir dans le sol où elles deviendront des papillons.
Le problème, c’est que les poils de la chenille processionnaire du pin, ou soies, sont très urticants et très volatils. Ils peuvent causer des irritations cutanées, oculaires ou respiratoires plus ou moins sévères selon les individus, même sans contact direct avec les chenilles.
En présence de ces nuisibles, il faut redoubler de vigilance. En effet, votre enfant ou votre animal domestique peut toucher accidentellement une chenille et développer une réaction allergique parfois très violente. De plus, les poils volent avec le vent et peuvent atteindre la peau ou le système respiratoire même sans contact direct. D’où l’importance d’agir dès l’automne avec des traitements préventifs pour éviter l’invasion de votre jardin au printemps.
La chenille processionnaire du chêne, aussi urticante mais plus secrète
Vous ne le saviez peut-être pas, mais il existe aussi la chenille processionnaire du chêne, différente de la chenille processionnaire du pin. Elle s’intéresse uniquement aux chênes et ne migre jamais au sol en processions. Elle reste dans l’arbre tout au long de sa vie.
Sauf accident, il y a donc peu de chance que vous rentriez en contact direct avec elle. De plus, elle a plutôt tendance à coloniser les grandes forêts que les jardins privés. Elle est toutefois aussi urticante que sa cousine des pins.
Comprendre le cycle de vie de la chenille processionnaire du pin pour mieux la combattre
Pour traiter efficacement vos arbres contre la chenille processionnaire du pin, la plus commune, il faut savoir quand agir et comment. Pour cela, il faut bien comprendre comment cette chenille aux soies urticantes se développe.
Une naissance en début d’automne
Tout commence vers la fin de l’été lorsque la femelle du Processionnaire, le papillon de nuit qui a donné son nom à ces fameuses chenilles, pond ses œufs sur les aiguilles de pin. L’éclosion a lieu en général courant septembre, donnant naissance aux premières larves de chenilles processionnaires.
Un développement durant l’automne
Ces larves se développent durant tout l’automne et jusqu’au début de l’hiver, à un rythme plus ou moins rapide selon le climat. Elles passent par cinq stades larvaires, identifiés de L1 à L5 et séparés par des mues.
À chaque stade, la chenille grossit et c’est à compter du stade L3, aux alentours du mois de novembre, que les poils urticants font leur apparition.
Les petites chenilles construisent d’abord un pré-nid à l’automne, puis un vrai cocon soyeux en hiver. Ce nid d’hiver leur sert d’abri pour éviter une destruction par le froid.
Les processions en début d’année
Entre février et mars, les chenilles quittent l’arbre en descendant par le tronc pour aller s’enfouir dans le sol et devenir des chrysalides. C’est à cette période, variable selon les années et le climat, que le risque de contact avec les soies urticantes est maximal.
Les chenilles circulent dans votre jardin, à portée des petites mains des enfants, mais aussi des pattes et du museau de vos animaux ! Un vrai danger ! Heureusement, vous pouvez prévenir en traitant vos arbres précocement contre les chenilles processionnaires dès l’automne.
La nymphose printanière puis la naissance des papillons en été
Une fois enfouies dans le sol, les chenilles processionnaires se transforment en chrysalides, généralement vers avril – mai. Les papillons apparaissent en début d’été, pour s’accoupler en fin de saison et donner le départ d’un nouveau cycle…
Maintenant que vous avez une idée plus précise du cycle de développement des chenilles processionnaires, vous comprenez aisément pourquoi la saison la plus favorable pour les combattre est l’automne. En effet, plus les chenilles sont jeunes, plus elles sont vulnérables.
Mais avant de parler des traitements, nous allons vous aider à détecter la présence de chenilles processionnaires dans vos pins.
Surveiller ses arbres pour détecter au plus tôt la présence de chenilles processionnaires
Même pour un œil peu averti, la présence de chenilles processionnaires du pin passe rarement inaperçue. En observant avec attention vos arbres, il est possible de les détecter très tôt.
De vieux nids d’hiver grisonnants en été
Si vous avez déjà eu des chenilles processionnaires au printemps dernier sans vous en apercevoir, il y a des chances pour que vos pins en gardent des traces. Scrutez-les à la recherche de nids d’hiver vides dans vos arbres en été.
Ils se reconnaissent à leur allure de cocon soyeux positionné en bout de branche, de couleur grisâtre. Ces nids inutilisés vont se délabrer progressivement avec les pluies d’automne et le vent, et finir par disparaître.
Attention, même délaissés par les chenilles, ils contiennent encore des soies urticantes. Vouloir les supprimer vous-mêmes vous mettrait en danger et n’aurait pas vraiment d’intérêt. En revanche, leur présence est un marqueur significatif : des chenilles processionnaires ont déjà colonisé vos arbres, même si vous ne l’aviez pas remarqué !
Scruter la cime des pins pour vérifier l’état des aiguilles
Dès septembre, l’observation des branches les plus hautes de vos résineux vous en dira plus sur l’éventuelle présence de chenilles processionnaires. En effet, les aiguilles autour desquelles les larves vont commencer à se développer vont souffrir.
Au lieu d’observer des branches aux aiguilles bien vertes, vous verrez des aiguilles de pin jaunies ou des branches dépouillées de leurs aiguilles. Ces signes indiquent la présence de chenilles processionnaires du pin.
Rechercher les pré-nids d’automne
Dès leur éclosion, les chenilles processionnaires commencent à fabriquer un pré-nid autour de quelques aiguilles aux extrémités des branches. Vous pourriez commencer à apercevoir ces fils de soie dès les mois de septembre ou d’octobre, bien avant la formation des nids d’hiver qui eux, sont beaucoup plus faciles à repérer. <
Le nid d’hiver : le signe qui ne trompe pas
Tel une barbe à papa toute blanche, le nid d’hiver des chenilles processionnaires se reconnaît sans aucune difficulté ! Il apparaît dès la fin d’année, en novembre ou en décembre. C’est probablement l’indice le plus facile à détecter pour affirmer qu’il y a des chenilles processionnaires dans les pins de votre parc ou de votre jardin. Malheureusement, lorsqu’il est présent, il est déjà tard pour agir …
Agir efficacement dès l’automne
Il existe différentes techniques pour combattre les chenilles processionnaires. L’arsenal s’étend de la pulvérisation d’un produit biologique éco-responsable appelé BTK, en passant par l’échenillage, la pose de pièges ou l’emploi de pesticides chimiques, entre autres.
La meilleure façon d’agir est d’intervenir le plus tôt possible. En effet, c’est aux premiers stades larvaires que la chenille processionnaire du pin est la plus vulnérable. C’est le moment idéal pour l’éradiquer. Plus on s’y prend tôt, moins l’opération comporte de risques puisque les toutes jeunes chenilles n’ont pas encore développé de poils urticants. Voilà pourquoi la meilleure période pour lutter contre les chenilles processionnaires du pin est l’automne.

La pulvérisation de BTK dès l’automne pour une efficacité optimale
Le BTK ou ‘Bacillus thuringiensis kurstaki’ est un produit biologique capable de détruire les jeunes chenilles processionnaires. Il s’agit d’une bactérie qui, lorsqu’elle a pénétré au cœur du système digestif des chenilles, provoque leur mort en quelques jours seulement.
Le BTK n’est donc pas un insecticide chimique mais un produit de lutte biologique contre les chenilles processionnaires du pin. Il s’agit d’une solution écologique, inoffensive pour l’homme comme pour les animaux domestiques.
Pour que ce traitement contre les chenilles processionnaires fonctionne, il faut l’appliquer sur les aiguilles des pins infestés. En consommant ces aiguilles, les jeunes chenilles vont ensuite être intoxiquées.
L’utilisation du BTK nécessite l’utilisation d’un matériel adéquat et de la détention d’une qualification professionnelle pour les applicateurs. Il faut aussi respecter certaines conditions climatiques et pulvériser le produit sur les arbres au bon moment. En effet, une fois les nids d’hiver développés, l’efficacité du traitement est moindre. Il faut alors employer d’autres méthodes.
Agir au début de l’automne dès l’apparition des larves de chenilles processionnaires permet d’obtenir les meilleurs résultats. Le BTK est donc un traitement préventif très efficace pour éviter l’invasion de votre jardin ou de votre parc par les processions de chenilles au printemps.
Les autres méthodes professionnelles à connaître
Le traitement préventif par le BTK est une technique intéressante pour agir au plus tôt et éviter de devoir enclencher des traitements d’urgence une fois les larves plus développées.
Plus tard, plusieurs autres techniques de lutte peuvent cependant être mises en œuvre.
Ainsi, lorsque les nids d’hiver sont déjà présents, on peut procéder à un échenillage qui consiste à couper les branches porteuses des cocons de soie qui renferment les chenilles. Pour travailler en sécurité et éviter tout risque pour la santé humaine, cette opération nécessite des équipements et des protections adaptées.
L’écopiège à chenilles processionnaires, aussi appelé piège à collier est une autre solution envisageable au printemps. Le dispositif, qui s’installe autour du tronc de l’arbre, permet de piéger les chenilles lorsqu’elles descendent rejoindre la terre ferme pour la nymphose.
La pose de pièges à phéromones agit pour sa part encore plus tard dans le cycle, lorsque les papillons sont sortis de terre. Le principe du piège est de limiter la reproduction en piégeant les papillons mâles. Ainsi, les femelles font moins d’œufs et il y aura moins de larves de chenilles processionnaires.
Toutes ces techniques sont complémentaires. L’élimination des chenilles processionnaires est en effet un combat à long terme qui peut nécessiter plusieurs interventions successives, à des périodes différentes et avec des techniques différentes, si l’on s’y prend un peu trop tard, lorsque les premiers stades larvaires dépassés.
Vos moyens d’action
Les techniques présentées ci-dessus sont celles utilisées par les professionnels. Se lancer dans leur mise en œuvre en tant que non-spécialiste est déconseillé compte tenu des risques pour votre sécurité et celle de votre entourage.
À votre échelle, il est préférable de s’en tenir à la surveillance rapprochée de vos arbres, pour détecter précocement la présence de jeunes larves et de pré-nids.
Si vous arrivez trop tard et que vous constatez les premières processions au sol, il est impératif de sécuriser vos proches en attendant l’intervention d’un professionnel de la lutte contre les chenilles processionnaires. L’objectif est alors d’éviter tout contact avec les poils urticants des chenilles. Pour cela, vous devez éloigner les jeunes enfants et les animaux et éviter toute action qui pourrait disséminer des soies urticantes dans l’air comme écraser les chenilles, ou vouloir écheniller vous-mêmes.
Faire appel à un professionnel de la lutte contre la chenille processionnaire
La meilleure solution pour éradiquer les chenilles processionnaires de votre jardin, de votre parc municipal, de votre camping, de votre copropriété, de votre parc de loisirs ou de tout autre espace arboré est de faire intervenir un professionnel qualifié. Selon le degré d’invasion et la période de l’année, lui seul vous proposera une stratégie globale de lutte adaptée.
Dans tous les cas, sachez que le début de l’automne est le moment le plus propice à une action préventive contre la chenille processionnaire du pin. Combattre les chenilles aux premiers stades larvaires promet les meilleurs résultats.
Chez Levrard Assainissement, nous sommes spécialistes de la désinsectisation et nous connaissons parfaitement le cycle de vie des chenilles processionnaires du pin, mais aussi du chêne. Nous maîtrisons les meilleures méthodes pour vous en débarrasser.
Aussi, si vous suspectez ou si vous avez constaté leur présence sur votre propriété en Mayenne, Sarthe, Maine-et-Loire ou Ille-et-Vilaine, n’attendez pas plus longtemps pour nous contacter.
Nous utilisons uniquement des produits homologués et du matériel professionnel afin de respecter votre santé, respecter l’environnement et agir en toute sécurité, pour vous comme pour nos équipes. Nous disposons bien sûr du Certibiocide pour l’application des traitements par pulvérisation.
Traitement des chenilles processionnaires : vos questions les plus fréquentes
Rincer abondamment à l’eau claire et consulter un vétérinaire en urgence absolue. Ne frottez pas pour ne pas casser les soies et libérer plus de venin. Le risque principal est la nécrose de la langue pouvant entraîner la mort de l’animal.
Le Bacillus thuringiensis kurstaki (BTK) est une bactérie ciblant spécifiquement le système digestif des larves de lépidoptères (chenilles). Il est sans danger pour les abeilles, la faune auxiliaire, les oiseaux, les animaux domestiques et les cultures potagères.
Depuis le décret d’avril 2022 classant l’espèce comme préjudiciable à la santé humaine, de nombreuses communes et préfectures prennent des arrêtés rendant la lutte contre les chenilles processionnaires obligatoire pour les propriétaires d’arbres infestés.
Oui, c’est tout à fait possible. Les professionnels de la désinsectisation disposent d’équipements spécialisés adaptés à la hauteur des arbres et à la configuration du terrain.
À l’automne, ils utilisent des atomiseurs haute portée pour pulvériser le BTK jusqu’à la cime. Pour l’échenillage manuel des cocons, les techniciens interviennent en grimpé-déplacement ou à l’aide de nacelles sécurisées.